L’intégration des compétences entrepreneuriales dans les programmes est un beau défi. En effet, la rencontre entre l’entrepreneuriat et la pédagogie se fait à des niveaux différents dans le réseau des cégeps. Dans certains collèges, l’entrepreneuriat éducatif est axé sur l’enseignement des disciplines entrepreneuriales. Dans d’autres, elle prend la forme d’animation en parascolaire, ou d’un enseignement basé sur l’expérience concrète. Pour les répondants, intégrer les habiletés entrepreneuriales dans les programmes permettrait de faire des pas de géants en vue de décloisonner l’entrepreneuriat.
Pour démystifier la problématique, Suzy Patton (Cégep de Ste-Foy) et Nadine Lemay (Cégep de Lévis) ont proposé un atelier selon le modèle du Design thinking afin d’accompagner les répondants dans leur démarche.$
Plusieurs éléments en sont ressortis.
Faire rayonner ce que les enseignants font déjà – Souvent, les enseignants mettent en œuvre des pratiques d’enseignement entrepreneuriales implicites. Alors, pour mieux les encourager, il s’agit dans un premier temps de mettre en avant les activités d’enseignement-apprentissage à valeur entrepreneuriale.
Faire le lien avec les devis ministériels – Certaines des compétences prévues dans les devis peuvent correspondre à celles que visent l’entrepreneuriat éducatif. Un groupe de participants à l’atelier propose de faire ressortir ce qu’il y a de commun entre les intentions des programmes et celles de l’entrepreneuriat éducatif en intégrant les références explicites au chapitre du devis ministériel décrivant ces habiletés dites entrepreneuriales.
Des études et des statistiques pour soutenir la cause – Beaucoup d’enseignants sont ouverts à développer les compétences transversales auprès de leurs étudiants. Par contre, souvent, ça prend des preuves concrètes que l’enseignement à valeur entrepreneuriale fonctionne. Présentement, il n’y a pas de données probantes venant étayer cette position. Par contre, plusieurs enseignants témoignent qu’une pédagogie du type entrepreneuriale aurait amélioré la motivation, l’autonomie, l’esprit d’équipe et d’autres compétences transversales auprès de leurs étudiants.
Ajuster le langage – Dans certains milieux, l’entrepreneuriat a mauvaise presse. Pour rejoindre la majorité moins encline à introduire les pratiques entrepreneuriales dans leurs programmes, il s’agit d’amener un ensemble de terminologies qui suggèrent davantage l’idée de «se mettre en action» que de «se partir en affaires». Encore que ce que vise réellement le développement des habiletés entrepreneuriales dans un contexte éducatif c’est la réussite et l’engagement.
Dans les prochains mois, un comité sera mis sur pied afin de peaufiner les idées et proposer une démarche que tous les cégeps pourraient utiliser. Loin de vouloir définir un modèle, la proposition sera adaptable selon la réalité de chaque milieu.
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